Le 3 avril 1965, à Rome, Ennio Morricone entrait en studio pour enregistrer la bande originale de For A Few Dollars More, deuxième volet de la trilogie du dollar de Sergio Leone. Soixante ans plus tard, la musique vibre toujours, entre silences tendus, coups de feu orchestrés et sifflements lancinants devenus mythiques. Une œuvre gravée dans la mémoire collective, et pour certains, comme l’a confié @artyshowboy sur X (anciennement Twitter), dans la bande-son même de leur existence.
Morricone n’a pas seulement habillé le western spaghetti d’une identité sonore : il l’a redéfini. À une époque où Hollywood imposait ses codes musicaux, le compositeur italien proposait une alternative déroutante, presque sauvage, mêlant guimbarde, guitare électrique, chœurs liturgiques et sifflements entêtants. Sa signature était là : émotion brute, tension dramatique, et une musique qui racontait plus que les dialogues eux-mêmes.
Si For A Few Dollars More reste l’un des sommets de cette esthétique, il marque aussi un tournant dans l’histoire du cinéma. Grâce à lui, les spectateurs n’écoutaient plus une musique en fond : ils la ressentaient comme un personnage à part entière. Ce pouvoir rare, Morricone l’a cultivé toute sa carrière, de Cinema Paradiso à The Mission, jusqu’à Les Huit Salopards de Tarantino, qui lui valut enfin un Oscar.
Soixante ans après, la magie opère toujours. Les orchestrations somptueuses résonnent dans les salles de concert comme dans les souvenirs intimes. Et au fond, peu importe que ce soit l’Ouest américain, Rome ou notre propre salon : Morricone compose l’épopée intérieure de chacun.